09 Octobre – Soutenance de thèse - Florent Bollon

09 h Salle Marin la Meslée - Base aérienne 701 (Salon-de-Provence)

Recognized cyber picture et confiance interpersonnelle : optimiser les activités collaboratives cyber militaires.

Depuis le début des années 2000, les réseaux civils et militaires sont confrontés à une augmentation constante du nombre de cyber attaques. Afin d’accélérer le processus décisionnel et de coordonner au mieux les actions en cas d’attaque provenant du cyberespace il devient nécessaire, pour l’armée de l’air française (AA), de mettre en place un système ou un outil permettant d’avoir une représentation partagée de l’état cyber de ses infrastructures. Ce système (ou outil), nommé recognized cyber picture (RCP), n’est actuellement pas totalement défini mais sera probablement placé dans les centres de commandement et de conduite (C2) de l’AA. Le rôle de cette RCP sera de repérer et mettre en évidence d’éventuels problèmes concernant les informations reçues par les C2 (informations modifiées, ajoutées, perdues…). Les opérateurs de C2 dotés de RCP peuvent donc se retrouver confrontés à une dissonance en terme de traitement et de transmission de l’information. Afin de faciliter la prise de décisions, ces opérateurs devront probablement mettre en place des mécanismes permettant de « compenser » cette dissonance. Parmi ces mécanismes, le niveau de confiance est déjà étudié dans la littérature comme facilitant les prises de décisions dans les environnements à forte incertitude. Cette thèse propose donc d’étudier le rôle de la confiance sur les comportements des opérateurs présents dans les C2 intégrant cette dimension cyber. Afin de répondre à cette problématique, un protocole expérimental, permettant d’induire différents niveaux de confiance et d’étudier l’influence de ces différents niveaux de confiance sur le comportement des individus, a été développé puis testé. Sur la base de ce protocole expérimental, 4 expérimentations, avec comme participants de potentiels opérateurs de la RCP, ont été réalisées en laboratoire. La première expérimentation (menée auprès de 200 personnes de l’AA dont 160 opérationnels et 40 élèves) portait sur le rôle des caractéristiques psychosociales des individus et sur leur comportement lorsqu’ils travaillent avec des collaborateurs inconnus plus ou moins dignes de confiances. La deuxième expérimentation (menée auprès de 40 élèves de l’école de l’air) portait sur l’identification de différences de comportement dans le cas d'une activité reposant sur la confiance entre deux opérateurs humains ou entre un opérateur humain et un système automatisé (ici une intelligence artificielle émulée). La troisième expérimentation (menée auprès de 35 élèves ingénieurs) portait sur l’influence du niveau de confiance en soi d’un individu sur son comportement envers des coéquipiers plus ou moins dignes de confiance. Ces 3 premières expérimentations montrent, notamment, des modifications comportementales peu étudiées dans la littérature, engendrées par le niveau de confiance présent dans la relation. Ces comportements portent sur la supervision, la qualité des supervisions, la gestion du temps mais également l’acceptation des informations transmises par le coéquipier. Enfin, la dernière expérimentation (menée auprès de 40 élèves ingénieurs) portait sur l’influence du niveau de confiance présent dans une relation ainsi que de l’incertitude provenant des données sur la prise de décision d’un opérateur. Cette expérimentation montre que la cohérence des informations disponibles ainsi que le niveau de confiance jouent un rôle dans la prise de décision des opérateurs. Les résultats des différentes expérimentations ont été confrontés aux modèles issus de la littérature et ont permis d’apporter des éléments permettant d’affiner et adapter ces modèles au cas des C2 ayant une composante cyber. La thèse présente donc à la fois une contribution fondamentale sur la compréhension des ressorts de la confiance et un apport plus applicatif pouvant orienter des éléments de mise en œuvre de la RCP au sein des C2.

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